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Mathieu Sodore, portrait de Juan Belmonte, acrylique sur bois
Mathieu Sodore, "portrait de Juan Belmonte", acrylique sur bois, 110 x 90 cm, 1998


Né le 13 juin 1962.

Il étudie à la Faculté d'arts plastiques de Bordeaux (École des Beaux-arts et université Bordeaux III).
Il y obtient une maîtrise en 1984 et un CAPES d'arts plastiques en 1985.
Premières expositions dans les années 80.
En juillet 2001, il s'installe au Portugal, à Lisbonne.
Son travail à été depuis lors montré à de nombreuses reprises tant en France qu’à l’étranger.
En 2009, le cinéaste Floreal Peleato réalise un long-métrage documentaire intitulé "La mano azul" ("La main bleue"), consacré à la peinture de Mathieu Sodore. Projections du film en France, Espagne, Portugal, Mexique, Colombie, Allemagne, Chili, Bolivie, Maroc, Uruguay, Brésil et Japon.
En 2011, un chapitre est consacré à ce film dans l’ouvrage "Biographies de peintres à l’écran", coordonné par Patricia-Laure Thivat, paru aux Presses Universitaires de Rennes.
En 2018, Mathieu Sodore écrit un livre sur la création contemporaine à Lisbonne, pour une nouvelle collection de la maison d'édition Ateliers Henry Dougier.
Le livre, paru le 28 mars 2019, présente 10 artistes majeurs et 100 lieux emblématiques de la ville, d'où le nom de la collection 10+100.
D’autres activités liées à l’art alternent avec sa peinture : enseignement, illustration d’ouvrages, réalisation d’affiches,conférences.
Il a également collaboré à divers journaux et revues, et participé à l’élaboration de films, de spectacles musicaux et de pièces de théâtre.
Mathieu Sodore est représenté :
En France par la galerie Ô pêcheur de lune (Saint-Sever)
Au Portugal par la galerie Passevite (Lisbonne)

Toreador

« Paillettes, opérette, castagnettes, amourettes, escopette, galipettes, épaulettes,
roufaquettes. Je prononce TO RE A DOR et voilà que déboule une ribambelle de mots en
ette ! Autant de vocables que j’associe à l’une des facettes de l’univers de Carmen, celle de l’espagnolade kitsch où mantilles et falbalas font de l’œil aux matamores fanfarons et bravaches. Comme si ne retenant de la tauromachie que l’aspect rutilant et clinquant le toréador se révélait un mélange raté de torero et de matador.
Mon portrait de Belmonte : grave, fatigué, austère. Il dit profondeur là où toréador susurre légèreté, il crie engagement, tragédie, montre la fêlure. Il enserre son mystère dans l’ombre de la peur de la corne noire, il est créateur de formes, d’émotions, de poésie aussi… Il torée.
Peut-on s’approcher des taureaux en peignant ? Certains oui : Goya, maestro de l’eau-forte, Manet, diestro des gris colorés, Picasso, fgura de l’énergie créatrice…
Peut-on toréer en peignant ? Peut-être, à la manière de Michel Leiris qui souhaitait
introduire l’ombre d’une corne dans une œuvre. Mais quelles diférences se jouent entre atelier et arènes ! Aucun chevalet ne me renverse, nul pinceau ne pénètre ma chair. Et pourtant… pourtant hier j’ai été averti par le tableau : " ne te trompes pas, c’est le moment de conclure sinon… ".
Aujourd’hui j’ai donné trois bonnes naturelles, trois coups de pinceau d’ombre pourpre, souples et justes.
J’ôte ma blouse, j’éteins la lumière. Alors oui je continuerai, je continuerai… pas à être toréador, ça non, je continuerai… à toréer. » 

Mathieu Sodore
Février 2010


Mathieu Sodore a exposé au Cac du 26 juin au 21 juillet 2019